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Le prélèvement posthume de sperme est légal en Israël depuis 2003 1. Cette procédure, rendue possible par la technologie, implique le prélèvement de sperme du corps d'un homme après sa mort afin que la partenaire qui lui survit puisse l'utiliser plus tard en passant par une FIV ou une insémination. Lorsque la personne qui sollicite le prélèvement est l'épouse, il lui suffit de compléter des documents pour que la procédure, qui doit avoir lieu vingt-quatre heures post-mortem pour pouvoir aboutir, soit approuvée et réalisée. Dans les autres cas, il faut s'adresser au tribunal pour qu'elle le soit. Dans le passé, cette procédure a attiré l'attention du public et des juristes lorsque les parents du défunt ont demandé à récupérer le sperme de leur fils afin d'élever eux-mêmes leurs petits-enfants potentiels. Ces couples n'obtinrent pas l'autorisation du tribunal pour mettre au monde leurs petits-enfants en tant que leurs enfants. Néanmoins, d'autres couples qui avaient requis l'autorisation du tribunal pour prélever le sperme de leur enfant décédé afin d'en faire don à des femmes ont reçu cette permission.
Récemment, cette procédure est réapparue dans le débat public en Israël quand, pendant les soixante-douze heures qui ont suivi le massacre du Hamas du 7 octobre, des femmes qui avaient perdu leur partenaire dont les corps ont été retrouvés ont fait une demande pour réaliser cette procédure pour leur permettre de faire plus d'enfants. L'ampleur de l'événement du 7 octobre a provoqué un afflux de ces demandes, auxquelles les hôpitaux et l'État n'ont pas pu répondre en raison du délai très court dans lequel la procédure doit être effectuée.
Cela engendra de nombreux cris de douleur, qui furent exprimés dans une campagne lancée par l'une de ces femmes sur les réseaux sociaux immédiatement après l'événement, avec l'espoir d'accélérer le processus. Les hôpitaux et les tribunaux ne pouvant satisfaire la demande, la campagne a échoué. Elle accusa l'État d'avoir abandonné le corps de son mari.
Le réel du non-rapport sexuel se manifeste avec la solitude de la mort. Le prélèvement posthume de sperme est une tentative de faire avec ce réel, mais la question se pose de savoir si cette tentative de solution fonctionne pour ces sujets, même lorsque la procédure est garantie et réalisée. La mise en application de cette procédure soulève également d'autres questions, notamment celle de l'utilisation de la technologie pour donner naissance à des enfants dont le père est décédé.

[1] Cf. Ghert-Zand R., « Embryologists inundated with requests for sperm retrieval from the fallen and dead », 12 octobre 2023, disponible sur internet : https://www.timesofisrael.com/embryologists-inundated-with-requests-for-sperm-retrieval-from-the-fallen-and-dead/ ; cf. Goldberg E., « Grieving Parents Ask : Should They Freeze Their Dead Son's Sperm? », 20 novembre 2024, disponible sur internet :
https://www.nytimes.com/2024/11/20/business/israel-soldiers-sperm.html ; cf. Shuval M., « The Israelis who want grandchildren from their dead sons' sperm », 31 juillet 2024, disponible sur internet : https://www.bbc.com/news/articles/c978m6pl99go.