• Puis-je vous proposer quelques petites idées ? Pour le sceptre de Moïse devant la pharaon, faire ressortir encore le détail probant que la transformation du bois dur en serpent flexible n'est rien d'autre que la présentation sans voile (inversée) de l'érection, en un certain sens le phénomène le plus frappant que l'homme ait rencontré.

    « Lettre à Karl Abraham, le 7 juin 1908 », Correspondance 1907-1926, Paris, Gallimard, 1969, p. 47.

  • La première de ces théories est liée au fait que sont négligées les différences entre les sexes, négligence dont nous avons souligné dès le départ qu'elle était caractéristique de l'enfant. Cette théorie consiste à attribuer à tous les humains, y compris les êtres féminins, un pénis, comme celui que le petit garçon connaît à partir de son propre corps.

    « Les théories sexuelles infantiles » (1908), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1982, p. 19.

  • Presque partout où le totem est en vigueur, existe également la loi selon laquelle les membres du même totem n'ont pas le droit d'avoir des rapports sexuels entre eux, donc pas plus de se marier entre eux. C'est l'exogamie liée au totem. Cette interdiction, qui est strictement appliquée, est très curieuse. […] L'association du totémisme et de l'exogamie existe et se révèle très solide.

    Totem et tabou (1912), Paris, Gallimard, 1993, p. 76.

  • Les fixations incestueuses de la libido continuent à jouer, ou jouent de nouveau, un rôle majeur dans sa vie psychique inconsciente. Nous avons été amenés à considérer la relation aux parents dominée par le désir incestueux comme le complexe nucléaire de la névrose.

    Totem et tabou (1912), Paris, Gallimard, 1993, p. 96.

  • La concordance la plus évidente et la plus frappante entre les interdictions compulsionnelles (chez les nerveux) et le tabou consiste en ce que ces interdictions sont tout aussi immotivées et énigmatiques pour ce qui est de leur origine.

    Totem et tabou (1912), Paris, Gallimard, 1993, p. 115.

  • Le besoin sexuel n'est pas capable d'unir les hommes de la même manière que les exigences de l'autoconservation ; la satisfaction sexuelle est d'abord l'affaire personnelle de l'individu.

    Totem et tabou (1912), Paris, Gallimard, 1993, p. 183.

  • Pour les deux sexes, un seul organe génital, l'organe mâle, joue un rôle. Il n'existe donc pas un primat génital, mais un primat du phallus.

    « L'organisation génitale infantile » (1923), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1969, p. 114.

  • Elle remarque le grand pénis bien visible d'un frère ou d'un camarade de jeu, le reconnaît tout de suite comme la réplique supérieure de son propre petit organe caché et dès lors elle est victime de l'envie du pénis

    « Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes » (1925), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1969, p. 126.

  • Le fétiche est le substitut du phallus de la femme (la mère) auquel a cru le petit enfant et auquel, nous savons pourquoi, il ne veut pas renoncer.

    « Le fétichisme » (1927), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1969, p. 134.

  • Il demeure le signe d'un triomphe sur la menace de castration et une protection contre cette menace, il épargne aussi au fétichiste de devenir homosexuel en prêtant à la femme ce caractère par lequel elle devient supportable en tant qu'objet sexuel

    « Le fétichisme » (1927), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1969, p. 135.

  • La dernière impression de l'inquiétant, du traumatisant en quelque sorte sera retenue comme fétiche. […] L'élection si fréquente des pièces de lingerie comme fétiche est due à ce qu'est retenu ce dernier moment du déshabillage, pendant lequel on a pu encore penser que la femme est phallique

    « Le fétichisme » (1927), La Vie sexuelle, Paris, PUF, 1969, p. 135-136.

  • Le fétiche est un substitut pour le phallus de la femme (de la mère) auquel le petit garçon a cru et auquel – nous savons pourquoi – il ne veut pas renoncer.

    « Fetichismus. Fétichisme », traduction de Susanne Hommel, inédit

  • Il en va autrement pour la petite fille. En un instant, elle a porté son jugement et pris sa décision. Elle l'a vu, elle sait qu'elle ne l'a pas et elle veut l'avoir.

    « Quelques conséquences psychiques de la différence anatomique entre les sexes » (1923), Paris, Payot, 2016, p. 96.