Écrits – Autres écrits – Premiers écrits
Nous retrouvons sans cesse ces fantasmagories dans les rêves, particulièrement au moment où l'analyse paraît venir se réfléchir sur le fond des fixations les plus archaïques. Et j'évoquerai le rêve d'un de mes patients, chez qui les pulsions agressives se manifestaient par des fantasmes obsédants ; dans le rêve, il se voyait, lui étant en voiture avec la femme de ses amours difficiles, poursuivi par un poisson volant, dont le corps de baudruche laissait transparaître un niveau de liquide horizontal, image de persécution vésicale d'une grande clarté anatomique.
« L'agressivité en psychanalyse », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 105.
Le phallocentrisme […] est bien entendu entièrement conditionné par l'intrusion du signifiant dans le psychisme de l'homme, et strictement impossible à déduire d'aucune harmonie préétablie dudit psychisme à la nature qu'il exprime.
« D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 554-555.
Cette fonction imaginaire du phallus, Freud l'a donc dévoilée comme pivot du procès symbolique qui parachève dans les deux sexes la mise en question du sexe par le complexe de castration. […] C'est en effet dans l'économie subjective, telle que nous la voyons commandée par l'inconscient, une signification qui n'est évoquée que par ce que nous appelons une métaphore, précisément la métaphore paternelle.
« D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 555.
Ce n'est pas pour être forclos du pénis, mais pour devoir être le phallus que le patient sera voué à devenir une femme. La parité symbolique Mädchen = Phallus, ou en anglais l'équation Girl = Phallus, […] a sa racine dans les chemins imaginaires, par où le désir de l'enfant trouve à s'identifier au manque-à-être de la mère, auquel bien entendu elle-même fut introduite par la loi symbolique où ce manque est constitué.
« D'une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 565.
Le phallus comme signifiant donne la raison du désir (dans l'acception où le terme est employé comme « moyenne et extrême raison » de la division harmonique).
« La signification du phallus » (1958), Écrits, Seuil, Paris, 1966, p. 693.
Que le phallus soit un signifiant, impose que ce soit à la place de l'Autre que le sujet y ait accès. Mais ce signifiant n'y étant que voilé et comme raison du désir de l'Autre, c'est ce désir de l'Autre comme tel qu'il est imposé au sujet de reconnaître, c'est-à-dire l'autre en tant qu'il est lui-même sujet divisé de la Spaltung signifiante.
« La signification du phallus » (1958), Écrits, Seuil, Paris, 1966, p. 693.
À qui ce phallus appartient « concrètement », c'est là ce qui sera moins facile à déterminer dans ce registre de la psychanalyse d'aujourd'hui si joliment épinglé par Raymond Queneau comme la liquette ninque.
« À la mémoire d'Ernest Jones : Sur sa théorie du symbolisme » (1959-1960), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 702.
Le phallus […] est le signifiant de la perte même que le sujet subit par le morcellement du signifiant, et nulle part la fonction de contrepartie où un objet est entraîné dans la subordination du désir à la dialectique symbolique, n'apparaît de façon plus décisive.
« À la mémoire d'Ernest Jones : Sur sa théorie du symbolisme » (1959-1960), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 715.
S'il [le clitoris] se combine (lui aussi) au mauvais comme au bon objet, alors une théorie est requise de la fonction d'équivalence du phallus dans l'avènement de tout objet du désir, à quoi ne saurait suffire la mention de son caractère « partiel ».
« Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 729.
C'est à partir de ce substitut, qu'en fin de compte le clitoris met à sa place avant de succomber dans la compétition, que le champ du désir précipite ses nouveaux objets (au premier rang l'enfant à venir) de la récupération de la métaphore sexuelle où s'étaient déjà engagés tous les autres besoins.
« Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 730.
Tout peut être mis au compte de la femme pour autant que, dans la dialectique phallocentrique, elle représente l'Autre absolu.
« Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 732.
Est-ce alors ce privilège de signifiant que Freud vise en suggérant qu'il n'y a peut-être qu'une libido et qu'elle est marquée du signe mâle ?
« Propos directifs pour un Congrès sur la sexualité féminine » (1958), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 735.
Le phallus symbolique impossible à négativer, signifiant de la jouissance […] explique et les particularités de l'abord de la sexualité par la femme, et ce qui fait du sexe mâle le sexe faible au regard de la perversion.
« Subversion du sujet et dialectique du désir dans l'inconscient freudien » (1960), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 823.
Par la psychanalyse, le signifiant se définit comme agissant d'abord comme séparé de sa signification. C'est là le trait de caractère littéral qui spécifie le signifiant copulatoire, le phallus, quand surgissant hors des limites de la maturation biologique du sujet, il s'imprime effectivement, sans pouvoir être le signe à représenter le sexe étant du partenaire, c'est-à-dire son signe biologique ; qu'on se souvienne de nos formules différenciant le signifiant et le signe.
« La science et la vérité » (1966), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 875.
Sur ce manque du pénis de la mère où se révèle la nature du phallus. Le sujet se divise ici [ce manque du pénis de la mère où se révèle la nature du phallus], nous dit Freud à l'endroit de la réalité, voyant à la fois s'y ouvrir le gouffre contre lequel il se rempardera d'une phobie, et d'autre part le recouvrant de cette surface où il érigera le fétiche, c'est-à-dire l'existence du pénis comme maintenue, quoique déplacée.
« La science et la vérité » (1966), Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 877.
Ainsi dans la psychanalyse (parce qu'aussi bien dans l'inconscient) l'homme de la femme ne sait rien, ni la femme de l'homme. Au phallus se résume le point de mythe où le sexuel se fait passion du signifiant.
« Radiophonie » (1970), Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 412.
Il n'y a rien d'excessif au regard de ce que nous donne l'expérience, à mettre au chef de l'être ou avoir le phallus […] la fonction qui supplée au rapport sexuel.
« L'étourdit » (1972), Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 458.
Tout sujet en tant que tel, puisque c'est là l'enjeu de ce discours, s'inscrit dans la fonction phallique pour parer à l'absence du rapport sexuel (la pratique de faire sens, c'est justement de se référer à cet ab-sens).
« L'étourdit » (1972), Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 458.
Le Séminaire
Ce quelque chose de plus, qu'il faut qu'il y ait, c'est précisément l'existence derrière [la mère] de tout cet ordre symbolique dont elle dépend, et qui, comme il est toujours plus ou moins là, permet un certain accès à l'objet de son désir, lequel est déjà un objet tellement spécialisé, tellement marqué de la nécessité instaurée par le système symbolique, qu'il est absolument impensable autrement dans sa prévalence. Cet objet s'appelle le phallus, et c'est autour de lui que j'ai fait tourner toute notre dialectique de la relation d'objet l'année dernière.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 182.
Nous avons indiqué aussi que, dans d'autres formes de perversion notamment le transvestisme, c'est dans la position contraire que l'enfant va assumer la difficulté de la relation imaginaire à la mère. On dit qu'il s'identifie lui-même à la mère phallique. Je crois plus correct de dire que c'est proprement au phallus qu'il s'identifie, en tant que caché sous les vêtements de la mère.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 184.
On n'appellerait pas ce dont il s'agit complexe de castration si, d'une certaine façon, cela ne mettait pas au premier plan que, pour l'avoir, il faut d'abord qu'il ait été posé qu'on ne peut pas l'avoir, si bien que la possibilité d'être castré est essentielle dans l'assomption du fait d'avoir le phallus.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 186.
[L]es liens complexes de l'édification de l'Œdipe, tels qu'ils vous sont présentés ici, vous permettent de comprendre comment le rapport à la puissance de la loi retentit métaphoriquement sur le rapport à l'objet fantasmatique qu'est le phallus, en tant qu'il est l'objet auquel doit se faire à un moment l'identification du sujet.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 202.
Quelque chose nécessite qu'il y ait quelque part à ce niveau un pôle, qui représente dans l'imaginaire ce qui toujours se dérobe, ce qui s'induit d'un certain courant de fuite de l'objet dans l'imaginaire, en raison de l'existence du signifiant. Ce pôle est un objet. Il est le pivot, central, dans toute la dialectique des perversions, des névroses, et même, purement et simplement, du développement subjectif. Il a un nom. Il s'appelle le phallus.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 231-232.
Ce qui importe au sujet, ce qu'il désire, le désir en tant que désiré, le désiré du sujet, quand le névrosé ou le pervers a à le symboliser, en dernière analyse cela se fait littéralement à l'aide du phallus. Le signifiant du signifié en général, c'est le phallus.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 240.
La fonction constituante du Phallus dans la dialectique de l'introduction du sujet à son existence pure et simple et à sa position sexuelle, est impossible à déduire si nous n'en faisons pas le signifiant fondamental par quoi le désir du sujet a à se faire reconnaître comme tel, qu'il s'agisse de l'homme ou de la femme.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 273.
[Le phallus] n'est concevable qu'à être impliqué d'ores et déjà comme étant signifiant du manque, le signifiant de la distance de la demande du sujet à son désir.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 284.
Elle [la femme] n'obtient une satisfaction aussi foncière, aussi fondamentale, aussi instinctuelle, que celle de la maternité, aussi exigeante d'ailleurs, que par les voies de la ligne substitutive. C'est pour autant que le pénis est d'abord un substitut – j'irai jusqu'à dire un fétiche – que l'enfant lui aussi, par un certain côté, est ensuite un fétiche.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 350.
L'essentiel de ce que je vous ai apporté en vous décrivant la fonction du phallus, c'est qu'il est ce signifiant qui marque ce que l'Autre désire, en tant que lui-même, comme Autre réel, Autre humain, il est dans son économie d'être marqué par le signifiant.
Le Séminaire, livre v, Les Formations de l'inconscient (1957-1958), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1998, p. 366.
À cette place du manque où quelque chose peut apparaitre, j'ai mis […] le signe (- φ). Il vous indique qu'ici se profile un rapport avec la réserve libidinale, […] profondément investi au niveau du corps propre […]. C'est en somme un aliment qui reste là pour animer éventuellement ce qui interviendra comme instrument dans le rapport à l'autre, l'autre constitué à partir de l'image de mon semblable, […] l'image du corps dans sa fonction séductrice, sur celui qui est le partenaire sexuel.
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 57.
C'est parce que le phallus fonctionne dans la copulation humaine, non pas seulement comme instrument du désir, mais aussi comme son négatif, qu'il se présente en la fonction de a avec le signe moins.
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 205.
Le manque, le signe moins dont est marquée la fonction phallique pour l'homme et qui fait que sa liaison à l'objet doit passer par la négativation du phallus et du complexe de castration, le statut du (- φ) au centre du désir de l'homme, voilà qui n'est pas pour la femme un nœud nécessaire. […] C'est justement au désir de l'Autre comme tel qu'elle est affrontée, et d'autant plus que, dans cette confrontation, l'objet phallique ne vient pour elle qu'en second, et pour autant qu'il joue un rôle dans le désir de l'Autre.
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 214.
La jouissance des femmes […] ne dépend, en somme, que de la limitation qu'impose à l'homme sa relation au désir, qui inscrit l'objet dans la colonne du négatif. C'est ce que je désigne comme le (- φ).
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 215.
Le champ couvert par l'homme et par la femme dans ce que l'on pourrait appeler au sens biblique, leur connaissance l'un de l'autre, ne se recoupe qu'en ceci, que la zone où leurs désirs les porte pour s'atteindre et où ils pourraient effectivement se recouvrir, se qualifie par le manque de ce qui serait leur médium. Le phallus, c'est ce qui, pour chacun, quand il est atteint, justement l'aliène de l'autre.
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 310.
Au niveau du désir génital, la fonction du a, analogiquement à sa dominance, sa prégnance dans l'économie du désir, se symbolise par le (- φ) qui apparait comme le résidu subjectif au niveau de la copulation. La copule est partout, mais elle n'unit qu'à manquer là où, justement, elle serait proprement copulatoire.
Le Séminaire, livre x, L'Angoisse (1962-1963), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2004, p. 371.
Littéralement, elle [l'homosexuelle] ne peut plus concevoir, autrement qu'à s'abolir, la fonction qu'elle avait, celle de montrer au père comment on est, soi, un phallus abstrait, héroïque, unique, et consacré au service d'une dame.
Le Séminaire, livre xi, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1973, p. 39.
Pour nous dans notre référence à l'inconscient c'est du rapport à l'organe qu'il s'agit. Il ne s'agit pas du rapport à la sexualité, ni même au sexe, si tant est que nous puissions donner, à ce terme une référence spécifique – mais du rapport au phallus en tant qu'il fait défaut à ce qui pourrait être atteint de réel dans la visée du sexe.
Le Séminaire, livre xi, Les Quatre Concepts fondamentaux de la psychanalyse (1964), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1973, p. 94.
Ce qui se manifeste là [dans l'acte sexuel], ce n'est rien d'autre que l'essence de la castration, à savoir que la différence sexuelle ne se supporte que de la Bedeutung de quelque chose qui manque sous l'aspect du phallus Φ.
Le Séminaire, livre xiv, La Logique du fantasme (1966-1967), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2023, p. 128.
Le savoir est nécessaire à l'institution de l'acte sexuel, c'est ce que dit le mythe de l'Œdipe.
Le Séminaire, livre xiv, La Logique du fantasme (1966-1967), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2023, p. 308.
C'est l'échange des phallus, oui, mais en tant que le phallus est le symbole d'une jouissance soustraite comme telle – c'est-à-dire, non pas le pénis, mais cette partie du corps négativée que nous appelons le phallus, justement pour le distinguer du pénis. C'est là une nouvelle métaphore qui vient à la place du pénis – de même que la femme devient la métaphore de la jouissance.
Le Séminaire, livre xiv, La Logique du fantasme (1966-1967), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2023, p. 380.
Il y a homologie entre les failles de la logique et celles de la structure du désir, à savoir que le désir est, au dernier terme, connotation du savoir des rapports de l'homme et de la femme par quelque chose qui est le plus surprenant, le manque ou le non-manque d'un organon, d'un instrument, autrement dit, du phallus – que la jouissance de l'instrument fait barrage à la jouissance qui est jouissance de l'Autre en tant que l'Autre est représenté par un corps –, et, pour tout dire, comme je l'ai énoncé, je pense, avec suffisamment de force, qu'il n'y a rien de structurable qui soit proprement l'acte sexuel.
Le Séminaire, livre xvi, D'un Autre à l'autre (1968-1969), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 277.
De la façon dont elle se trouve effectivement intervenir dans ce que l'on peut appeler le rapport sexué, il est sûr que la fonction du phallus n'est en aucun cas autre chose qu'une fonction tierce. Elle représente – soit ce qui se définit d'abord comme ce qui manque, c'est-à-dire fondant le type de la castration comme instituant celui de la femme, soit, au contraire, ce qui, du côté du mâle, indique, d'une façon combien problématique, ce que l'on pourrait appeler l'énigme de la jouissance absolue.
Le Séminaire, livre xvi, D'un Autre à l'autre (1968-1969), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 319.
Nous ne pouvons partir d'aucune trace pour fonder, du rapport sexuel, le signifiant. Tout est réduit à ce signifiant, le phallus, qui n'est justement pas dans le système du sujet, puisque ce n'est pas le sujet qu'il représente, mais, si l'on peut dire, la jouissance sexuelle en tant que hors système c'est-à-dire absolue.
Le Séminaire, livre xvi, D'un Autre à l'autre (1968-1969), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 320.
Le phallus est le signifiant hors système, et, pour tout dire, le signifiant conventionnel à désigner ce qui est, de la jouissance sexuelle, radicalement forclos.
Le Séminaire, livre xvi, D'un Autre à l'autre (1968-1969), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 321.
[L'hystérique] m'assure mieux qu'à Freud, qui n'a pas su l'entendre, que la jouissance de la femme se suffît parfaitement à elle-même. Si elle érige pourtant cette femme mythique qu'est la sphinge, c'est qu'il lui faut quelque chose d'autre, à savoir jouir de l'homme, qui n'est pour elle que le pénis érigé, moyennant quoi elle se sait elle-même comme Autre, c'est-à-dire comme le phallus dont elle est privée, autrement dit comme châtrée.
Le Séminaire, livre xvi, D'un Autre à l'autre (1968-1969), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2006, p. 395.
Dans le sexus latin, est impliqué ce que j'ai d'abord mis en évidence, à savoir que c'est autour du phallus que tout le jeu tourne.
Le Séminaire, livre xvii, L'Envers de la psychanalyse (1969-1970), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 86.
Il y a un rouleau, en pierre bien sûr, qui est là en puissance au niveau du clapet, et ça retient, ça coince. C'est ce qu'on appelle le phallus. C'est le rouleau qui vous met à l'abri, si, tout d'un coup, ça se referme.
Le Séminaire, livre xvii, L'Envers de la psychanalyse (1969-1970), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1991, p. 129.
Voilà le réel, le réel de la jouissance sexuelle, en tant qu'elle est détachée comme telle, c'est le phallus.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 34.
La fonction dite du phallus […] rend désormais intenable la bipolarité sexuelle, et intenable d'une façon qui volatilise littéralement ce qu'il en est de ce qui peut s'écrire de ce rapport.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 67.
Il faut distinguer ce qu'il en est de cette intrusion du phallus, de ce que certains ont cru pouvoir traduire du terme de manque de signifiant. Ce n'est pas du manque de signifiant qu'il s'agit, mais de l'obstacle fait à un rapport.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 67.
Le phallus c'est l'organe en tant qu'il est, e.s.t. – il s'agit de l'être –, en tant qu'il est la jouissance féminine.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 67.
Ce que je propose est ceci. C'est de poser que le langage […] a son champ réservé dans la béance du rapport sexuel telle que la laisse ouverte le phallus.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 68.
Seulement, l'instrument phallus n'est pas un instrument comme les autres. [Il] n'est pas du tout à confondre avec le pénis. Le pénis, lui, se règle sur la loi, c'est-à-dire sur le désir, c'est-à-dire sur le plus-de-jouir, c'est-à-dire sur la cause du désir, c'est-à-dire sur le fantasme.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 70.
Le côté indicible, honteux, qui ne se dit pas quant à ce qui concerne un homme, est bien là, pour tout dire, le phallus.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 97.
Ceci est très proprement ce qui nous met au cœur de l'impossibilité d'écrire ce qu'il en est du rapport sexuel […]. Nous en sommes venus, de par l'expérience analytique, à la fondation de ceci, que ce rapport ne va pas sans tiers terme, lequel est à proprement parler le phallus.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 142.
L'au moins un comme fonction essentielle du rapport en tant qu'il situe la femme par rapport au point ternaire clé de la fonction phallique, nous l'écrirons de cette façon – parce que cette fonction est inaugurale, inaugurale d'une dimension qui est celle sur laquelle j'ai insisté pour un discours qui ne serait pas du semblant – l'hommoinzin.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 144.
Le phallus – en tant que c'est à ce tiers que s'ordonne tout ce qui met en impasse la jouissance, et qui fait de l'homme et de la femme, en tant que nous les définirions d'un simple épinglage biologique, ces êtres qui sont en difficulté avec la jouissance sexuelle, d'une façon élective parmi toutes les autres jouissances.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 168.
Ce qui fait le privilège du phallus, c'est qu'on peut l'appeler éperdument, il ne dira toujours rien.
Le Séminaire, livre xviii, D'un discours qui ne serait pas du semblant (1971), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2007, p. 172.
Sa passion, au transsexualiste, est la folie de vouloir se libérer de cette erreur, l'erreur commune qui ne voit pas que le signifiant, c'est la jouissance, et que le phallus n'en est que le signifié.
Le Séminaire, livre xix, …ou pire (1971-1972), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2011, p. 17.
Bander pour une femme, il faut tout de même appeler ça par son nom, ça veut dire lui donner la fonction de x, ça veut dire la prendre comme phallus. Ce n'est pas rien, le phallus. […] Le phallus, c'est la signification, c'est ce par quoi le langage signifie. Il n'y a qu'une seule Bedeutung, c'est le phallus.
Le Séminaire, livre xix, …ou pire (1971-1972), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2011, p. 69-70.
La jouissance, en tant que sexuelle, est phallique, c'est-à-dire qu'elle ne se rapporte pas à l'Autre comme tel.
Le Séminaire, livre xx, Encore (1972-1973), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 14.
Du côté de l'x, c'est-à-dire de ce qui serait l'homme si le rapport sexuel pouvait s'écrire d'une façon […] soutenable dans un discours, l'homme n'est qu'un signifiant parce que là où il entre en jeu comme signifiant, il n'y entre que quoad castrationem c'est-à-dire en tant qu'il a rapport avec la jouissance phallique.
Le Séminaire, livre xx, Encore (1972-1973), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 36.
Prenons d'abord les choses du côté où tout x est fonction de Φx, c'est-à-dire du côté où se range l'homme. On s'y range, en somme, par choix – libre aux femmes de s'y placer si ça leur fait plaisir. Chacun sait qu'il y a des femmes phalliques, et que la fonction phallique n'empêche pas les hommes d'être homosexuels. Mais c'est aussi bien elle qui leur sert à se situer comme hommes, et aborder la femme.
Le Séminaire, livre xx, Encore (1972-1973), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 67.
De ce fait, l'apparente nécessité de la fonction phallique se découvre n'être que contingence. C'est en tant que mode du contingent qu'elle cesse de ne pas s'écrire. La contingence est ce en quoi se résume ce qui soumet le rapport sexuel à n'être, pour l'être parlant, que le régime de la rencontre.
Le Séminaire, livre xx, Encore (1972-1973), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 1975, p. 87.
Le père n'a droit au respect, sinon à l'amour, que si le dit amour, le dit respect, est […] père-versement orienté, c'est-à-dire fait d'une femme, objet a qui cause son désir […]. Père-version, seule garantie de sa fonction de père, laquelle est la fonction du symptôme, telle que je l'ai écrite. Il y suffit qu'il soit un modèle de la fonction. Voilà ce que doit être le père, en tant qu'il ne peut être qu'exception.
Le Séminaire, livre xxii, « R.S.I. », leçon du 21 janvier 1975, Ornicar ?, no 3, mai 1975, p. 107-108.
Tout ce qu'on peut espérer d'une tradition, c'est qu'elle soit moins conne qu'une autre. […] Ça se juge au plus de jouir comme production. […] Le jouir […] c'est un point d'idéal, qu'on appelle comme on peut. On dit – le phallus.
Le Séminaire, livre xxii, « R.S.I. », leçon du 11 mars 1975, Ornicar ?, no 5, déc. 1975 – janv. 1976, p. 17.
Le phallus donc, c'est le réel surtout en tant qu'on l'élide. Si vous revenez à ce que j'ai frayé cette année en essayant de vous faire consonner consistance, ex-sistence et trou à imaginaire, réel et symbolique, je dirais que le phallus n'est pas l'ex-sistence du réel. Il y a un réel qui ex-siste à ce phallus, qui s'appelle la jouissance, mais c'en est plutôt la consistance.
Le Séminaire, livre xxii, « R.S.I. », leçon du 11 mars 1975, Ornicar ?, no 5, déc. 1975 – janv. 1976, p. 18.
La Création dite divine se redouble donc de la parlote du parlêtre, comme je l'ai appelé, par quoi l'Èvie fait du serpent ce que vous me permettrez d'appeler le serre-fesses, ultérieurement désigné comme faille, ou mieux phallus – puisqu'il en faut bien un pour faire le faut-pas.
Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome (1975-1976), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 13.
C'est ainsi que ça se présente pour tous quand on est fils de deux familles, et quand il se trouve qu'on se croit mâle parce qu'on a un petit bout de queue. Naturellement, pardonnez-moi ce mot, il en faut plus. Mais comme il [Joyce] avait la queue un peu lâche, si je puis dire, c'est son art qui a suppléé à sa tenue phallique.
Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome (1975-1976), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 15.
Le phallus, c'est la conjonction de ce que j'ai appelé ce parasite, qui est le petit bout de queue en question, avec la fonction de la parole. Et c'est en quoi son art [à Joyce] est le vrai répondant de son phallus.
Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome (1975-1976), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 15.
Le seul réel qui vérifie quoi que ce soit, c'est le phallus, en tant qu'il est le support de la fonction du signifiant [qui] crée tout signifié.
Le Séminaire, livre xxiii, Le Sinthome (1975-1976), texte établi par J.‑A. Miller, Paris, Seuil, 2005, p. 118.
Le Séminaire, inédit
Ce que cherche le désir c'est moins, dans l'autre, le désirable que le désirant, c'est-à-dire ce qui lui manque.
Le Séminaire, livre ix, « L'identification » (1961-1962), leçon du 21 février 1962, inédit.
Le sujet […] aura toujours à affronter le dilemme de l'être ou de l'avoir, quel que soit l'objet corporel – sein, fèces, pénis – qui devient le support phallique.
Le Séminaire, livre ix, « L'identification » (1961-1962), leçon du 2 mai 1962, inédit.
L'enfant – contrairement à ce qu'on a souvent dit – n'est pas le phallus de la mère, il est le témoin que le sein est le phallus, ce qui n'est pas la même chose.
Le Séminaire, livre ix, « L'identification » (1961-1962), leçon du 2 mai 1962, inédit.


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