Textes publies

  • Dès lors que l'on fait tourner les choses, les choses du rapport sexuel, de la clinique, la nature des choses autour du signifiant imaginaire du phallus, la femme est dans la position de l'Autre, de celle qui n'a pas.

    « Des femmes et des semblants » (1992), Mental, n41, juin 2020, p. 14.

  • C'est le phallus qui donne corps à la jouissance.

    « L'économie de la jouissance : leçons des 13 et 20 mai, 3 et 10 juin 2009 du cours "L'orientation lacanienne. Choses de finesse en psychanalyse" », La Cause freudienne, n77, février 2011, p. 143.

  • Ce n'est pas le corps qui donne corps à la jouissance. […] Dans le corps, la jouissance est négativée, et […] l'impossible à négativer de ladite jouissance se concentre dans le phallus.

    « L'économie de la jouissance : leçons des 13 et 20 mai, 3 et 10 juin 2009 du cours "L'orientation lacanienne. Choses de finesse en psychanalyse" », La Cause freudienne, n77, février 2011, p. 143.

  • Le phallus est un organe hors-corps, un organe qui échappe au contrôle du corps. Le corps de l'homme est le siège d'un phénomène qui échappe à son contrôle. Le petit garçon découvre qu'il a certains moyens d'obtenir certains effets, de mettre la main dessus, mais c'est une partie qui n'en fait qu'à sa tête. C'est un organe qui échappe à la prise des discours du maître sur le corps.

    « L'invention psychotique », Quarto, n80/81, janvier 2004, p. 7.

  • La jouissance dont il s'agit dans l'objet petit a comme dans le phallus, dans tous les cas ce sont des jouissances séparées du corps, des jouissances auxquelles le sujet se raccorde comme il peut, qui se constituent à partir des chutes.

    « Schizophrénie et paranoïa », Quarto, n10, février 1983, p. 31.

  • Il y a un statut foncièrement hors-corps de la jouissance, spécialement sensible dans la fonction phallique.

    « Schizophrénie et paranoïa », Quarto, n10, février 1983, p. 31.

  • [Lacan] ne le découvrira [le phallus] pas du tout comme un élément médiateur, mais bien comme un élément disparate parce qu'exactement sans pair : un élément disjoint et disparate.

    « La disparate » (1988), Quarto, n57, juin 1995, p. 28.

  • Le pas-tout, ce n'est pas un tout qui comporte un manque, mais au contraire une série en développement sans limite et sans totalisation.

    « Intuitions milanaises [2], leçon du 22 mai 2002 du cours "L'orientation lacanienne. Le désenchantement de la psychanalyse" », Mental, n12, mai 2003, p. 17.

  • La fonction du père est […] liée à la structure que Lacan a retrouvée dans la sexuation masculine. Une structure qui comporte un tout doté d'un élément supplémentaire et antinomique qui fait limite, qui permet précisément au tout de se constituer comme tel, qui fait limite et qui permet par là organisation et stabilité. Cette structure est la matrice même du rapport hiérarchique.

    « Intuitions milanaises [2] : leçon du 22 mai 2002 du cours "L'orientation lacanienne. Le désenchantement de la psychanalyse" », Mental, n12, mai 2003, p. 17.

  • « Il n'y a pas de rapport sexuel » […] signe l'effacement définitif de la norme.

    « Intuitions milanaises [1] : leçon du 15 mai 2002 du cours "L'orientation lacanienne. Le désenchantement de la psychanalyse" », Mental, n11, mai 2003, p. 20.

  • Cette proposition que Lacan formule, proposition scandaleuse au regard de toute la littérature analytique : « La femme ne manque de rien. » Vous avez là un grand coup de chiffon qui efface toutes les constructions qui reposaient sur la privation, la frustration, la castration, le phallus imaginaire et symbolique. Il atteint là une vérité qui n'est pas la vérité de la castration.

    « Introduction à la lecture du Séminaire de L'angoisse de Jacques Lacan : leçons des 28 avril, 5 & 12 mai du cours "L'orientation lacanienne. III, 6" », La Cause freudienne, n58, septembre 2004, p. 84-85.

  • Le pas-tout n'est pas l'incomplet, au sens où l'on dessinerait ici une classe, et puis l'on en ferait la soustraction d'une partie, et là nous aurions une forme de pas-tout, de l'ordre de l'incomplétude. Quand nous utilisons ce vocable de Lacan, le pas-tout, c'est pour dire que l'on ne peut pas former les éléments dont il s'agit en classe. […] On ne peut pas fermer la classe à partir d'un prédicat, et donc on ne peut pas dire « pour tout x », on ne peut pas universaliser.

    « Le désenchantement de la psychanalyse : leçon du 16 janvier 2002 du cours "L'orientation lacanienne. Le désenchantement de la psychanalyse" », Mental, n33, novembre 2015, p. 76-77.

  • La thèse que je voudrais essayer est la suivante : il se pourrait que la psychanalyse au xxie siècle doive vivre sous le régime de l'inconsistance.

    « Le désenchantement de la psychanalyse : leçon du 16 janvier 2002 du cours "L'orientation lacanienne. Le désenchantement de la psychanalyse" », Mental, n33, novembre 2015, p. 77.

  • Le signifiant phallique est la marque de l'interdiction de la jouissance et non pas de la jouissance comme telle.

    « L'Autre dans l'Autre » (1986), La Cause du désir, n96, juin 2017, p. 109.

« L'orientation lacanienne »

  • Le phallus va supplanter, dans la théorie, l'image narcissique comme principe d'unification et de liaison des objets du désir.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 9 décembre 1981, inédit.

  • C'est ce phallus qui résume l'articulation du désir – désir déduit de la structure du langage – avec la relation sexuelle. Ce n'est pas sans de nombreux essais, d'ailleurs pas tous homogènes, que Lacan arrive à rendre compatibles le désir déduit de la structure de langage et le phallus en tant qu'il résume la relation sexuelle dans la psychanalyse.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 16 décembre 1981, inédit.

  • Autrement dit, structuralement, la position prévalente du phallus maternel et la position qu'il n'y a pas de rapport sexuel, elles disent exactement la même chose. Elles n'ont pas chacune les mêmes vertus éclairantes mais elles reposent exactement sur la même disposition structurale.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 16 décembre 1981, inédit.

  • La fonction déterminante du phallus dans le rapport sexuel fait précisément obstacle à l'inscription du rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 27 janvier 1982, inédit.

  • La jouissance sexuelle est celle qui est attachée à la réalisation du but sexuel, c'est-à-dire à la réalisation sexuelle avec l'autre sexe. La jouissance phallique, elle, tient à l'organe sur lequel elle est prélevée. La jouissance dite plus-de-jouir est d'une structure tout à fait différente. […] C'est une jouissance qui répond à une structure de bord, et qui n'est pas du tout la même structure que celle de la jouissance qui répond au phallus.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 17 mars 1982, inédit.

  • La jouissance phallique fait obstacle à ce que comporte la sublimation. C'est justement le vissage du névrosé quant à la jouissance phallique qui le rend précisément incapable de sublimer.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 17 mars 1982, inédit.

  • La fonction phallique, telle que Lacan l'écrit et l'emploie, est équivalente à la castration. […] Le père qui jouit de toutes les femmes, c'est le père non castré […]. Disons donc que c'est ce point de non-castration qui est le repère essentiel de toute la fonction phallique. C'est le point essentiel à partir duquel les hommes se reconnaissent comme étant tous inscrits dans la fonction phallique, c'est-à-dire dans la castration.

    « L'orientation lacanienne. Clinique Lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 14 avril 1982, inédit.

  • Cet organe est un organe qui n'est pas réel au sens du réel de l'organisme […] mais ça ne veut pas dire qu'il est inexistant. C'est un organe irréel, c'est-à-dire symbolique.

    « L'orientation lacanienne. La clinique lacanienne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 28 avril 1982, inédit.

  • Je suis battu par le père est là. C'est ce que Freud formule dans son langage et en italiques : « Dans les deux cas, le fantasme de fustigation dérive de la liaison incestueuse au père. » […] Structuralement, c'est une signature. C'est exactement ce qu'il désignera, au grand scandale de l'illusion féministe, comme le rapport des deux sexes au phallus.

    « L'orientation lacanienne. Du symptôme au fantasme et retour », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 15 décembre 1982, inédit.

  • Depuis le début, ce qui chez Schreber remplaçait l'identification que permet la signification phallique, c'était l'identification à La femme.

    « L'orientation lacanienne. Du symptôme au fantasme et retour », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 27 avril 1983, inédit.

  • De plus, ce phallus « n'est rien d'autre que ce point de manque qu'il désigne dans le sujet. » […] C'est ce qui dans cette définition n'est pas déplié, et c'est ce que Lacan dépliera précisément dans son dernier écrit d'importance, en faisant de la fonction phallique le supplément du rapport sexuel qu'il n'y a pas. Ça veut dire que Lacan finira par nommer ce manque de la référence. Il le nommera dans l'axiome il n'y a pas de rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. Du symptôme au fantasme et retour », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 25 mai 1983, inédit.

  • Les formules de la sexuation, que Lacan a proposé d'écrire sous une forme logique, ne démentent nullement [que l'inconscient n'inscrit pas le rapport sexuel].

    « L'orientation lacanienne. 1,2,3,4 », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 30 janvier 1985, inédit.

  • Il faut voir que ces formules de la sexuation écrivent quelque chose du sexe sous une forme logique. Elles écrivent quelque chose du sexe sous la forme logique d'une fonction phallique qui imite la fonction propositionnelle.

    « L'orientation lacanienne. 1,2,3,4 », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 30 janvier 1985, inédit.

  • Ces formules de la sexuation n'inscrivent donc pas le rapport à l'Autre sexe. Elles inscrivent seulement que chaque sexe se pose d'un rapport au phallus, où chaque sujet se pose d'une inscription comme variable. Ça donne deux formules de la sexuation, et ça n'inscrit nullement le rapport d'un sexe à l'Autre sexe.

    « L'orientation lacanienne. 1,2,3,4 », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 30 janvier 1985, inédit.

  • Quand Freud arrive au fait que le rat c'est le pénis, il donne sens aux effets de signification multiples du rat, qui se trouve à des endroits très divers de la névrose et qui fait nœud. L'interprétation donne sens aux effets de signification que comporte ce signe. C'est le sens phallique qui vient à la place de ce que comporte d'irréductible à l'Un l'acte sexuel. Il vient à la place du rapport sexuel qu'il n'y a pas.

    « L'orientation lacanienne. 1, 2, 3, 4 », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 29 mai 1985, inédit.

  • Ça fait que j'ai cru utile d'expliquer là-bas que le phallus, au sens de Lacan […], c'était justement fait pour marquer où s'outrepassent les limites d'une jouissance localisée, pour aller vers l'Autre jouissance, c'est-à-dire la jouissance délocalisée, à laquelle justement toutes les féministes achoppent, il faut le dire, à vouloir inventer son signifiant. Si les féministes achoppent, c'est faute de fidélité au statut non signifiant de l'Autre jouissance.

    « L'orientation lacanienne. 1, 2, 3, 4 », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 26 juin 1985, inédit.

  • Mais c'est précisément ce il n'y a pas qui accentue corrélativement ce à quoi Lacan tente de donner une animation, à savoir un il y a. Le il y a qu'appelle le il n'y a pas, c'est ce qu'il a d'abord écrit sous la forme de grand Φ.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 5 février 1986, inédit.

  • Je vous ai déjà dit que c'est de cette logique que Lacan a tiré ses formules de la sexuation. Il a tiré les formules de la sexuation mâle des paradoxes de la totalisation, et ceci sous la forme la plus simple : si d'un côté, on a tous, il y a nécessairement dans ce tous un en moins et donc un en plus. C'est ce que Lacan a unilatéralisé du côté de la sexuation mâle.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 16 avril 1986, inédit.

  • Les formules de la sexuation féminine, elles, sont construites à partir de la non-totalisation. Là, on ne peut pas dire tous, et du seul fait qu'on ne puisse pas le dire, on ne voit pas surgir l'un en plus et l'un en moins. C'est ce qui fait que les solutions ne sont pas uniques. Nous n'avons pas là une logique a une seule conséquence.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 16 avril 1986, inédit.

  • Quand Lacan tentera de définir le phallus freudien dans son fonctionnement de sexuation, il le définira à partir de la fonction propositionnelle de Frege et de Russell, et il l'écrira Φ x, c'est-à-dire comme fonction d'un argument qui est le sujet. Ça se décline en avoir le phallus, être le phallus, n'avoir pas le phallus, n'être pas le phallus.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 14 mai 1986, inédit.

  • Cette substitution et ce décalage de l'Autre et de la Chose, ça peut se dire de beaucoup de façons. Ça se dit, par exemple, quand on pose qu'il n'y a pas de rapport sexuel. Il n'y a pas de rapport sexuel, et, ce qu'il y a, c'est le phallus comme signifiant de la jouissance. Le phallus est ce qui fait espérer que la Chose pourrait être entièrement résorbée dans l'Autre.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 11 juin 1986, inédit.

  • Mais ce n'est pas pour autant le phallus qui vaut pour le rapport sexuel. Le phallus comme signifiant de la jouissance ne vaut que pour l'inscription du sujet dans un sexe ou dans l'autre. Ça n'empêche pas qu'il y ait manque signifiant dans l'Autre au niveau de ce rapport sexuel. Le phallus ne résorbe pas le bout de Chose, il essaie. Il essaie pour chaque sexe de le résorber.

    « L'orientation lacanienne. Extimité », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 11 juin 1986, inédit.

  • Je dirai en court-circuit que le fait que le rapport sexuel soit exclu du symbolique, qu'il soit inchiffrable et qu'à la place vienne le chiffre phallique, implique que le symptôme reparaisse dans le réel. Voilà pourquoi vous avez des symptômes. Vous avez des symptômes parce que le rapport sexuel est inchiffrable. C'est la thèse de Lacan.

    « L'orientation lacanienne. Ce qui fait insigne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 25 mars 1987, inédit.

  • Dans la première élaboration de Lacan, ce qui supplée au non-rapport sexuel, c'est le Nom-du-Père. Dans la deuxième opération, il n'est pas anodin de poser que c'est le phallus, la fonction phallique, qui supplée au non-rapport. Ça laisse la fonction de l'instance du Nom-du-Père dans une tout autre position.

    « L'orientation lacanienne. Ce qui fait insigne », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 3 juin 1987, inédit.

  • C'est la valeur d'une des significations de ce mathème de Lacan, ce moins phi qui se rapporte au phallus comme imaginaire et qui est très exactement ce qui ferait qu'il y aurait rapport sexuel. C'est en quoi on peut en distinguer le phallus symbolique, grand phi, qui n'est pas ce qui ferait qu'il y aurait rapport sexuel, mais qui désigne la fonction par quoi le sujet se rapporte à la sexualité, c'est-à-dire la fonction par quoi le sujet se rapporte à l'absence de rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. Cause et consentement. », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 13 janvier 1988, inédit.

  • Ce que dit Lacan, c'est que cette fin de l'analyse est aussi bien la résolution de la passion du névrosé en tant qu'il cherche à vérifier dans l'Autre le rapport sexuel. Qu'est-ce que c'est que la passion du névrosé, sinon de chercher à vérifier le rapport sexuel au niveau du signifiant ? Autant ce rapport sexuel existe dans la biologie, autant il n'existe pas au lieu de l'Autre. Il faudrait pour ça qu'il y ait un rapport des sexes où chacun ne se réduirait pas à son rapport au phallus.

    « L'orientation lacanienne. Cause et consentement. », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 24 février 1988, inédit.

  • La première conséquence du langage, c'est par exemple la castration de l'Autre maternel […] C'est d'introduire le phallus comme signifiant dans l'univers de discours, de telle sorte qu'on puisse imaginer qu'il y a une erreur dans la justice distributive à ce niveau-là, que ça fait manque. […] Si vous relisez le texte de Lacan qui s'appelle « La signification du phallus », vous y voyez en effet l'appartenance essentielle qu'il y a entre le phallus et le voile, puisque le phallus est en quelque sorte représenté comme le signifiant même du voile, de ce qui pour le sujet dans le langage frappe de latence tout ce qu'il peut signifier.

    « L'orientation lacanienne. La question de Madrid », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 30 janvier 1991, inédit.

  • Le principe du bonheur c'est le voile. C'est de garder voilé ce dont il s'agit. Ce qui est dévoilé ne donne pas le phallus substantiel des Mystères, mais le phallus analytique qui n'est qu'un point de manque, et que Lacan a désigné par le il n'y a pas de rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. La question de Madrid », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 30 janvier 1991, inédit.

  • Ce texte [« La signification du phallus »] nous présente l'incidence du phallus sur l'imaginaire, et précisément comment le phallus domine le moi idéal chez l'homme et chez la femme […] La signification du phallus vient en quelque sorte à la place du narcissisme. Il s'agit de voir quel rapport les objets du désir ont avec le signifiant du phallus – s'ils l'ont, s'ils ne l'ont pas – et ceci en mettant l'accent sur leur passion essentielle, à savoir de l'être, d'être le phallus – ce qui est un nouveau commentaire de la signification du phallus comme épinglant la signification du sujet.

    « L'orientation lacanienne. La question de Madrid », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 20 mars 1991, inédit.

  • Le soubassement de « La signification du phallus » et de ses conséquences, c'est que, pour le meilleur et pour le pire, le sexuel ne fonde rien, ne garantit rien, même si on en rêve.

    « L'orientation lacanienne. De la nature des semblants », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 17 juin 1992, inédit.

  • « La signification du phallus » est faite pour poser la thèse surprenante que l'assomption du sexe par le sujet ne se fait pas par la relation sexuelle, mais qu'elle se fait par le défilé de la castration, par les défilés du signifiant, par les défilés du langage, et que c'est le signifiant qui les fait être homme ou femme.

    « L'orientation lacanienne. De la nature des semblants », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 17 juin 1992, inédit.

  • C'est donc seulement par la substitution du Nom-du-Père au signifiant du Désir de la mère que cette énigme laissera place à la signification phallique – signification phallique que Lacan dans sa métaphore paternelle écrit avec le mot de phallus en toute lettre – phallus à la place du x.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 9 février 1994, inédit.

  • Premièrement, l'objet imaginaire du désir c'est le phallus. Deuxièmement, c'est avant tout le phallus en tant qu'il manque. Et troisièmement, ce qui peut rendre compte de la fonction de ce manque, c'est seulement le symbolique en tant que le symbole est le meurtre de la chose.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 2 mars 1994, inédit.

  • Dans l'après-coup de « La relation d'objet », [Lacan] traite la libido à partir […] d'un signifiant supplémentaire. C'est ce qui le conduit à essayer de dire que ce qui est vivant du sujet reçoit la marque du phallus. Ce qui est mort du sujet est sublimé comme signifiant qui le représente, et ce qui en est vivant – et c'est là le court-circuit – est aussi à sa façon significantisé par le phallus. Lacan se précipite à significantiser le reste, et c'est de cette façon que l'on peut dire qu'il fait en quelque sorte du phallus le complément du sujet.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 4 mai 1994, inédit.

  • le désir foncier du sujet est d'être le phallus, c'est-à-dire ce qui, chez Freud, apparaît sous les espèces de l'avoir, c'est-à-dire le garder – et c'est chez l'homme le refus de la castration – ou l'acquérir – et c'est l'envie du pénis chez la femme.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 25 mai 1994, inédit.

  • Lacan […] a traduit le refus freudien de la féminité […] en attachement dans les deux sexes à l'identification phallique. Là où Freud disait : ne pas vouloir être une femme, Lacan a dit d'abord : vouloir être le phallus. Certes, être le phallus, c'est paraître le phallus, ce qui introduit pour les deux sexes une problématique de la mascarade, du paraître, que l'on peut écrire aussi parêtre.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 29 juin 1994, inédit.

  • On peut également prendre appui sur ce moins phi, non pas en terme d'identification et de désir, mais en terme de jouissance. C'est là le pas qui est fait quand la signification du phallus comme concernant la jouissance – avec le « ne pas » qui est ici marqué par le signe moins – est moins un Tu n'es pas le phallus qu'un Tu ne satisferas pas le désir de la mère, ou, au-delà, un Tu ne satisferas pas ton désir de la mère, ou enfin : Tu ne jouiras pas de la mère.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 29 juin 1994, inédit.

  • Quelle est alors la place de l'objet phallique dans l'acte sexuel ? – cet objet qu'apporte le mâle, qu'il met en jeu dans le supposé acte sexuel […] à condition, si je puis dire, qu'il ne le garde pas pour lui. C'est ce que Lacan traduit en ces termes : « à condition que sa valeur d'usage pour le propriétaire en soit interdite. » Autrement dit : que le jouir du pénis soit proscris. […] Cette valeur d'usage interdite laisse au phallus son statut de valeur d'échange. Il doit servir à jouir de la femme.

    « L'orientation lacanienne. Donc », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 29 juin 1994, inédit.

  • le sexuel n'est pas au niveau du signifiant – au niveau du signifiant nous avons le phallus mais nous n'avons pas le sexuel comme rapport –, eh bien, la conclusion de Lacan, c'est que le sexuel est au niveau du signifié. Le sexuel est au niveau de la fuite du sens.

    « L'orientation lacanienne. Silet », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 12 juillet 1995, inédit.

  • Ce [que Lacan] inclut dans son concept de jouissance, c'est que la jouissance ne convient pas au rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. La fuite du sens », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 7 février 1996, inédit.

  • À la place du rapport sexuel, il y a rapport au phallus, et c'est l'existence de ce rapport que Lacan a écrit en faisant du phallus une fonction où le sujet comme variable vient s'inscrire.

    « L'orientation lacanienne. La fuite du sens », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 14 février 1996, inédit.

  • [Le phallus] est le modèle de la jouissance en tant que, pris dans l'idiotie de la pratique qui s'y rapporte, il incarne le non-rapport à l'Autre.

    « L'orientation lacanienne. La fuite du sens », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 14 février 1996, inédit.

  • Et c'est ce qui pousse, dans l'articulation que propose Lacan, l'homme à dédoubler sa partenaire, entre la femme partenaire de l'amour et la femme partenaire du désir. Le tour de force de cette signification du phallus est de chiffrer à la fois le partenaire de l'amour et le partenaire du désir par le phallus, l'un et l'autre. […] S'il est partenaire de l'amour, il est chiffré moins phi, une négation portant sur le signifiant imaginaire du phallus, s'il est le partenaire du désir, il est chiffré phi.

    « L'orientation lacanienne. L'Autre qui n'existe pas et ses comités d'éthique », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 4 juin 1997, inédit.

  • Le phallus est une instance biface entre parole et libido puisque Lacan en fait, au sommet de son élaboration de ce terme, le signifiant de la jouissance.

    « L'orientation lacanienne. L'Autre qui n'existe pas et ses comités d'éthique », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 4 juin 1997, inédit.

  • Entre l'homme et la femme il y a toujours le phallus, il n'y a pas de rapport sexuel.

    « L'orientation lacanienne. Le partenaire-symptôme », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 6 mai 1998, inédit.

  • La différence des sexes, Lacan l'a d'abord rétablie par le signifiant phallique, en posant, que chaque sexe, ou disons le sujet de chaque sexe, avait un rapport spécifique avec le phallus, que le rapport mâle au phallus, était distinct du rapport côté femme, que les êtres sexués ont une relation différente au phallus selon qu'ils sont homme ou femme.

    « L'orientation lacanienne. Le partenaire-symptôme », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 27 mai 1998, inédit.

  • Il a finalement frappé d'une formule qui est en fait une universelle négative, « il n'y a pas de rapport sexuel », ce qui désigne, vise le réel où il n'y a pas de savoir, c'est-à-dire un réel qui échappe à la signifiantisation, à l'Aufhebung signifiante et que, précisément, l'Aufhebung phallique laisse de côté.

    « L'orientation lacanienne. Le réel dans l'expérience psychanalytique », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 25 novembre 1998, inédit.

  • Lacan avait déjà dit que la comédie l'emportait en vérité sur la tragédie. Et il l'avait dit au nom du phallus, au nom de la valeur sexuelle toujours cachée, y compris au fond de la déploration cachée au fond de l'impasse, cachée dans la béance du rapport à l'Autre.

    « L'orientation lacanienne. Le tout dernier Lacan », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 2 mai 2007, inédit.

  • Ces formules de la sexuation montrent plutôt que la jouissance enferme chacun des sexes en lui-même. Et c'est d'ailleurs une des trois leçons que Lacan tire à la fin de cet écrit sous la forme : pas de dialogue entre les sexes.

    « L'orientation lacanienne. Le tout dernier Lacan », enseignement prononcé dans le cadre du département de psychanalyse de l'université Paris 8, leçon du 23 mai 2007, inédit.

En espagnol

  • Podemos escribir tanto la fórmula masculina como la fórmula femenina, pero sobre su relación nada está prescrito. Por eso Lacan, a fin de cuentas, formuló que no hay relación sexual; lo cual no quiere decir que no haya relaciones sexuales, sino que no hay relación prescrita -en el sentido en que esto es una escritura- entre el hombre y la mujer. En su lugar, fluyen las tonterías de las que está hecha la historia.

    Nous pouvons écrire aussi bien la formule masculine que la formule féminine, mais rien n'est prescrit quant à leur rapport. C'est pourquoi Lacan a finalement formulé qu'il n'y a pas de rapport sexuel ; ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a pas de relations sexuelles, mais qu'il n'y a pas de rapport prescrit – au sens où c'est une écriture – entre l'homme et la femme. Au lieu de cela, s'écoule la bêtise dont l'histoire est faite.

    « Fórmulas de la sexuación » (1979), Seminarios en Caracas y Bogotá, Buenos Aires, Paidós, 2015, p.  93.

  • Aclaremos al respecto que esa satisfacción existe tanto para hombres como para mujeres, y que las mujeres no solo están vinculadas al goce del Otro. También tienen relación con el goce fálico. 

    Précisons que cette satisfaction existe aussi bien pour les hommes que pour les femmes, et que les femmes ne sont pas liées seulement à la jouissance de l'Autre. Elles ont aussi un rapport à la jouissance phallique.

    Dos dimensiones clínicas : síntoma y fantasma (1983), Manantial, Buenos Aires, 2007, p. 18.

  • Entonces, son varias las operaciones que llevan a ese desierto de goce del que quedan algunos oasis que son las zonas de Freud o lo que Lacan llama objeto a, principio mismo de la regresión freudiana en el desarrollo pulsional. En otras palabras, el hecho de que la representación fálica como significante no termina con todo el goce, ya que siempre queda ese resto que significa también que el significante fálico no equivale a la relación sexual, que finalmente el falo no nos da su representación adecuada. 

    Il y a donc plusieurs opérations qui conduisent à ce désert de jouissance dont il reste quelques oasis qui sont les zones de Freud ou ce que Lacan appelle l'objet a, le principe même de la régression freudienne dans le développement de la pulsion. Autrement dit, le fait que la représentation phallique comme signifiant ne finit pas avec toute la jouissance, puisqu'il y a toujours ce reste qui veut dire aussi que le signifiant phallique n'est pas équivalent au rapport sexuel, que finalement le phallus ne nous donne pas sa représentation adéquate.

    « Síntomas y tipos clínicos », Conferencias porteñas, t. ii, Buenos Aires, Paidós, 2010, p. 324.

  • El goce fálico es una reglamentación del goce. También hay que percatarse de que el goce fálico no implica la relación con el Otro, es lo que se llama masturbación. El goce fálico puede bastarse por sí mismo, por esa causa más bien se lo prohíbe, no es social este goce directo e inmediato. Se nos obliga a tener relación con el Otro, lo cual indica de entrada que el goce no es el goce del Otro, que puede, en primer término, ser el goce del Uno mismo. En realidad, por allí debemos comenzar, el goce es el goce del Uno; esta es, por otra parte, la forma más elevada de la sabiduría: bastarse a sí mismo.

    La jouissance phallique est une régulation de la jouissance. Il faut aussi se rendre compte que la jouissance phallique n'implique pas la relation à l'Autre, c'est ce qu'on appelle la masturbation. La jouissance phallique peut se suffire à elle-même, c'est pour cela qu'elle est plutôt interdite, cette jouissance directe et immédiate n'est pas sociale. Nous sommes contraints d'avoir une relation avec l'Autre, ce qui indique d'emblée que la jouissance n'est pas la jouissance de l'Autre, qui peut, en premier lieu, être la jouissance de l'Un même. En réalité, il faut commencer par là, la jouissance est la jouissance de l'Un ; en revanche, c'est la forme la plus élevée de la sagesse : se suffire à soi-même.

    « La clínica del super yo » (1981), Conferencias porteñas, t. i, Buenos Aires, Paidos, 2009, p. 146.

  • la histérica se comporta como una mujer y como un hombre al mismo tiempo. Con una mano se protege-como mujer- contra el deseo del hombre y con la otra se comporta como el hombre que va a quitarle el vestido.

    L'hystérique se comporte à la fois comme une femme et comme un homme. D'une main elle se protège – comme une femme – contre le désir de l'homme et de l'autre elle se comporte comme l'homme qui va enlever sa robe.

    « Dos dimensiones clínicas : síntoma y fantasma », Conferencias porteñas, t. i, Buenos Aires, Paidos, 2009, p. 94.

  • Y existe la posibilidad – por el momento no la he encontrado-, o vamos a decir la utopía de un hombre para el cual todas serían posibles. Es decir que reía suficiente ser mujer para ser deseada por un hombre. Es decir el hombre para el cual La mujer existiría; y tenemos el ejemplo famoso en la figura de Don Juan. Efectivamente, cualquier rasgo que tuviera una mujer – […] bastaría para que fuera puesta en la lista, es decir, para ser reconocida como mujer. De cierto modo, se podría decir que en esto Don Juan sería el anti perverso por excelencia, el que podría reconocer a La mujer como tal.

    Et il y a la possibilité – pour l'instant je ne l'ai pas trouvée – ou disons l'utopie d'un homme pour qui tout serait possible. C'est-à-dire qu'il suffirait d'être une femme pour être désirée par un homme. C'est-à-dire l'homme pour qui La femme existerait ; et nous en avons le célèbre exemple dans la figure de Don Juan. En effet, n'importe quel trait qu'une femme aurait – […] suffirait pour qu'elle soit inscrite sur la liste, c'est-à-dire reconnue comme femme. D'une certaine manière, on pourrait dire que Don Juan serait en cela l'anti-pervers par excellence, celui qui pourrait reconnaître La femme comme telle.

    « Amor y goce » (1988-1989), Conferencias porteñas, t. i, Buenos Aires, Paidos, 2009, p. 237.